Ushuaïa et le parc national de la Tierra del fuego

Voilà, aujourd’hui nous allons vivre un rêve éveillé ; celui d’atteindre le bout du monde. Comprenez par là que nous allons visiter et vivre le sentiment de bout du monde à Ushuaïa, la ville la plus australe du monde. En réalité, la ville voisine de Puerto Williams au Chili est bien plus au Sud, mais bon voilà Ushuaïa a gagné la bataille de bout du monde. Peu nous importe, lorsque nous arrivons à l’aéroport de Ushuaïa où nous attendait notre hôte ce matin. 

Nous avons réservé un B&B et allons donc profiter des joies de la vie en famille, surtout Loulou qui va comme à son habitude être le chouchou de la famille qui nous accueille. En plus, il y’a une petite fille et sa cousine vient souvent à la maison ! Nous arrivons malheureusement sous la pluie, mais rien de telle qu’une faim pour nous donner le courage de bouger. Direction le centre-ville pour trouver de quoi manger, sur recommandation de nos hôtes pour un restaurant typique patagonien. Excellent choix. Retour à la maison après le déjeuner et le soleil pointant le bout de son nez, notre hôte nous recommande une sortie vers le glacier Martial non loin.

Nous prenons un taxi super cher pour rejoindre la base du glacier, et entamer l’ascension pour avoir des points de vue sur la ville portuaire d’Ushuaïa et le canal de Beagle. Excellente balade malgré le froid et incroyable sensation que d’être aussi prêt d’un glacier, mais le mauvais temps va vite calmer nos ardeurs. Il fait froid, très froid et nous ne sommes pas habillés pour la saison ; de plus il commence à neiger sous un vent de tempête assez désagréable pour la famille, surtout Mini Baroudeur qui faisait tranquillement la sieste sur papa. En adultes raisonnables que nous sommes, nous décidons alors de rebrousser chemin. Dommage. En bas, il fait encore beau mais humide alors nous décidons de redescendre en taxi en ville. Nous apprenons en effet que même si c’est la fin de l’été ici et le début de l’automne, il fait quasi toute l’année froid au bout du monde. Les températures ne dépassent jamais les 10 degrés et ne vont en dessous de 0 que très rarement. Néanmoins, nous avons froid et allons acheter de quoi couvrir Loulou, gants et bonnets compris ! Ce soir, nous allons manger léger, quelques empanadas achetés au supermarché et le tour est joué. Car le taxi à 500 pesos (20euros) pour rejoindre la randonnée nous a bien plombé le budget. Allez hop, dodo ; demain le grand jour nous attend.

Le lendemain, c’est enfin le jour J ; nous allons enfin marcher dans ce parc National de la Tierra del Fuego. Ce jour, ça faisait 7ans que je l’avais rêvé et cela va devenir réalité. On ne réalise pas encore ce qui nous attend et ne nous laissons pas dépaysé par les 500 pesos/personne du prix de la navette pour rejoindre l’entrée du parc. Quand on aime, on en compte pas il parait ;bah, moi si ! Tellement obnubilés par l’affaire, nous décidons sans connaître le prix de cet extra, d’ajouter une excursion dans le train du bout du monde à notre périple ; Bingo ! Arrivés sur place, je découvre le prix non sans surprise de cette extravagance : quelques 850 pesos, soit à peu près 35 euros !!!! Quand même, dis-je à mon tendre époux qui ne comprenait pas l’origine de ma surprise ; et moi qui ne comprenait pas lorsqu’il a fièrement dégoté sa CB pour payer les montants dus. Après discussion ultérieurement, il s’agissait bien d’une non compréhension de la valeur de sa part ; zut alors. Nous avons donc profité de cette balade dans le train de bout du monde, qui n’a de bout du monde que son nom. La balade est certes sympa, mais un peu court et pompeux à mon goût, et reste surtout hors de prix. Nous ne le recommandons absolument pas, à moins d’avoir un budget assez large. A la fin du parcours, nous décidons de marcher jusqu’au début des randonnées plutôt que de prendre une navette. Bébé dort, et la marche l’apaise.

Le début de la randonnée sur la mer, vue sur le canal de Beagle, et en observant au loin le Chili voisin très proche en fait nous a énormément plu. La balade côtière fut aussi extraordinaire, même si elle était quelque peu fréquentée. Nous avons apprécié arpenter ces sentiers entre flore verdoyantes, eaux bleues, nuages intermittents, soleil, vent, tout y était pour rajouter à cette sensation de bout du monde. Mais le vrai must, c’est de marcher en solitaire à l’intérieur du parc sans vrai objectif et découvrir ça et là ses merveilles : tantôt un lac bleu turquoise, tantôt un point de vue. Voir notre fils déguster son Pic-Nic là en plein milieu du Parc naturel, au milieu de rien et avec le sourire fut également un moment de pur bonheur, tout comme partager une prune à trois comme en cas en marchant, dodelinant de la tête dans cet univers de bout du monde.

La baie de Lapataïa, tout au bout du parc, signe également la fin du monde en quelque sorte, et on le ressent. On peut s’adonner à des randonnées plus difficiles à l’intérieur du parc et même faire du camping sauvage ; ça nous a donné envie pour une prochaine fois ! Après une journée aussi remplie, rien de mieux qu’un bon bain chaud en famille pour se remettre les idées en place. Pour pousser le vice, on s’est même permis un repas (à pas de prix) en ville arrosée d’une bonne bouteille en apéro. What else ?

Le lendemain matin, retour sur nos émotions de la veille. Après toutes ses dépenses, nous hésitons à faire la navigation le long du canal de Beagle pour aller voir le phare du bout du monde, également en option les manchots de Magellan (que nous avons par ailleurs déjà vu sur la Péninsule de Valdès il y’a quelques jours). Prix de l’excursion par personne la moins chère trouvée : la bagatelle de 1000 pesos/personne soit 40 euros ; donc ce sera non, car hors budget en plus, il pleut des cordes. Nous préférons donc nous balader en ville, de ruelle en rue, et de rue en place pour découvrir cette ville d’Ushuaïa et nous nourrir de ce mystère.

Demain, nous continuons notre découverte de la Patagonie, direction El Calafate.

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